MONSEIGNEUR CHARLES KAMBALE MBOGHA

ARCHEVEQUE METROPOLITE DE BUKAVU

 

Originaire du diocèse de Butembo-Beni, fils de Malyabwana Emile et Kahambu Cécile, Mgr Charles MBOGHA KAMBALE (1942 -9/10/05) , Assomptionniste, est né à Kilubo, paroisse de Lubango, en 1942, dans la province du Nord-Kivu. Il reçoit le baptême le 22 mai 1954 dans la paroisse de Mbingi. Après l’école primaire, il fréquente les cours au Petit Séminaire Saint Joseph de Musienene (1956-1963), les études philosophiques (1963-1965) et théologiques (1965-1969) au Grand Séminaire Pie X de Murhesa, à Bukavu, chef-lieu de la province du Kivu.
Quelques détails sur sa préparation à l’ordination sacerdotale : il reçoit la tonsure le 14 août 1966, le sous-diaconat en juillet 1968 et le diaconat le 7 septembre 1968.

Ordonné prêtre diocésain le 24 juillet 1969, il est nommé professeur d’abord au Petit Séminaire Saint Joseph de Musienene (1969-1970), puis au Collège Lwanzururu de Beni pendant deux ans (1970-1972). C’est alors qu’il entre à l’Assomption. Le 14 septembre 1972, il commence l’année canonique du noviciat dans la communauté du collège Kambali à Butembo, sous la responsabilité du feu Père Jérôme Masumbuko Tsongo Ndara, aa. Le 15 septembre 1973, il fait sa première profession religieuse à Butembo. Suivent alors deux ans d’études à l’Institut Lumen Vitae de Bruxelles.

Avant l’engagement définitif du jeune Père Charles chez les Augustins de l’Assomption, Son Excellence Mgr Kataliko exprime son approbation en ces termes:

’’Il parait que le Père Charles Mbogha va prononcer ses voeux perpétuels. Très bien: c’est un bon prêtre, dynamique, serviable, pieux, dévoué. Il est certain que s’il persévère dans ce sens, il pourra attirer pas mal de vocations dans la vie religieuse, chose que nous ne faisons qu’encourager. » Ce témoignage date du 19 février 1978.
Le 29 mars 1978, le Père Charles émet les voeux perpétuels dans la Chapelle de la Communauté Kambali de Butembo entre les mains du Père Edgar Cuypers, représentant le Supérieur Général de l’époque Hervé Stephan.

Parmi les différentes charges assumées au sein de la congrégation, nous pouvons citer:- la pastorale paroissiale à la Paroisse Coeur Immaculé de Marie de Butembo I'l’enseignement au très célèbre Collège Pie X, baptisé Institut Kambali, dont il a été recteur de 1977 à 1984; - membre du Conseil Provincial et de l’Instance Oecuménique de concertation;

- Recteur et Supérieur de l’Institut de Philosophie Saint Augustin, aa (1984-1988), à Bulengera-Butembo.

- Supérieur de la Maison Emmanuel d’Alzon, communauté des scolastiques théologiens, et Professeur au Théologat Saint Eugène de Mazenod, à Kinshasa (1988-1990).

Nommé Evêque résidentiel du Diocèse de Wamba (1990-1995), le 11 juin 1990, transféré le 6 décembre 1995 au siège épiscopal du diocèse voisin, Isiro-Niangara (1996-2001), dans la Province Ecclésiastique de Kisangani, Mgr Charles MBOGHA KAMBALE, assomptionniste, a été promu archevêque métropolitain de Bukavu dans la Province Ecclésiastique du Kivu (RDC). C’était le 18 avril 2001. Il succède ainsi à Son Excellence Mgr Emmanuel KATALIKO, d’heureuse mémoire, arraché brutalement à ses fidèles par un infarctus le 4 octobre 2000, à Rome, lors de l’assemblée du SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar).

Comme pasteur, Mgr Charles Mbogha a choisi une devise révélatrice tirée de 1 Co 9, 22: "Je me suis fait TOUT A TOUS".Une devise qu’il a toujours vécue dans la foi et l’espérance, dans l’engagement au développement communautaire, en se faisant proche de toutes les couches sociales sans distinction d’appartenance linguistique, ethnique ou religieuse. Aussi a-t-il toujours compté sur l’appui du clergé et des consacrés, sur la collaboration des Shirika (Communautés ecclésiales vivantes de base), de la Société Civile, des autres confessions religieuses et des hommes de bonne volonté. Il ne cesse d’inviter tout un chacun à une conversion aux valeurs évangéliques, à une vie plus sainte et cohérente.

Homme de communion, il aura "à se faire tout à tous" dans un point chaud de la Région des Grands Lacs, à savoir l’archidiocèse de Bukavu, occupé, pillé, humilié par les agresseurs venus des pays voisins avec la complicité de leurs acolytes congolais. Un diocèse meurtri et endeuillé, dans l’espace de quelques années, par la disparition brutale de ses deux pasteurs, passionnés de vérité et de liberté, artisans de justice et de paix, apôtres de la cohabitation harmonieuse et du dialogue entre les peuples, témoins de la charité et du respect de la dignité de l’homme. Traquées et persécutées, ces deux éminentes figures ont été des signes visibles de la tendresse et de la sollicitude du Père auprès de son Peuple opprimé:

- Mgr Munzihirwa Christophe, SJ, assassiné sauvagement le 29 octobre 1996;

- Mgr Kataliko Emmanuel, dénonciateur de la guerre injuste et inutile imposée au peuple congolais où viennent de perdre la vie plus de deux millions de compatriotes.

Sage et affable, attentif aux appels du monde et docile au souffle de l’Esprit, il sait prendre des orientations pastorales inspirées de l’Evangile et de l’enseignement de l’Eglise en tant qu’humble serviteur de Dieu, par "Amour du Christ et de tout ce que le Christ a aimé".

Au sein de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, le nouvel archevêque de Bukavu est Président de la Commission épiscopale pour les religieux.

Monseigneur Charles a pris possession du siège épiscopal de Bukavu le 3 juin 2001, fête triplement significative: dimanche de la Pentecôte, fête des Saints Martyrs de l’Uganda et fête patronale-onomastique de St Charles Lwanga. Par l’intercession de la Vierge Marie et des saints Apôtres réunis au Cénacle, par l’intercession des Saints Martyrs, Charles Lwanga et ses compagnons, que l’Esprit l’embrase du feu de son amour et lui "enseigne toute chose" pour le bien du diocèse de Bukavu et de l’Eglise universelle, pour l’avènement du règne de Jésus-Christ en nous et autour de nous, pour la gloire de Dieu dans les siècles.

(Ngwese Kombi, aa)